Je le dis toujours : contacter des pros dans la musique, c’est tout un art. Bien que, comme dans beaucoup de domaines, il n’existe pas une seule et unique manière de contacter un label, un-e éditeur-ice ou encore un-e booker-euse, il y a tout de même des codes à respecter ; ces codes te permettront de te démarquer des autres et de te présenter comme le font les professionnel-le-s du milieu !

Si tu ne le sais pas encore, je suis à la fois journaliste web – pour mon propre média hauméa magazine – en parallèle de mes activités de formation et de consulting sur Proxima Centauri : je suis donc sollicitée par des artistes et des pros toute la journée ! C’est donc pour ça que je veux te faire profiter de mon expérience : pour que tu puisses te démarquer au même titre que les pros du milieu.

Tu trouveras donc dans cet article un condensé de quelques conseils pour rédiger comme il se doit un bon mail de présentation ; si tu souhaites passer par des plateformes comme Groover, SubmitHub ou encore The Artist’s Corner, sache que mes conseils seront également applicables pour ces plateformes !

On y va ? (:

Table des matières :
ton pitch : c’est le coeur de ton mail de présentation !
rédiger correctement son mail de présentation
que joindre au mail ?
quoi qu’il arrive : fait leur écouter ta musique !

Ton pitch, c’est le coeur de ton mail de présentation !

Le mail de présentation – comme une biographie, un communiqué de presse ou un dossier de presse – démarre toujours, après les formules de politesse bien sûr, par une présentation de ton projet musical.

Pour que cette présentation soit efficace, elle doit absolument être concise, aller droit au but : elle doit présenter « l’essence » de ton projet et de ta musique.

L’essence de ton projet, c’est ce qui fait que ta musique se différencie de celle des autres : c’est ton côté unique, ton authenticité. Car oui, même si, admettons, ta musique ressemble à celle d’Angèle, de Rone, de Flume ou encore de Coldplay pour prendre quatre exemple totalement distincts les uns des autres, elle aura toujours un (ou plusieurs!) éléments différenciants qui feront que ton audience suivra ton projet pour son caractère unique.

Pour éviter de présenter ta musique comme tu introduirais tes expériences dans une lettre de motivation – dire que tu as fait des études de musique, par exemple, bien que ce soit une information qui a son importance, ce n’est pas celle là que les pros recherchent – il faut te poser quelques questions pour « creuser » la raison qui te pousse à faire la musique que tu fais aujourd’hui. Est-ce lié à un coup de coeur que tu as eu en écoutant ou en allant à un concert d’un-e artiste en particulier ? Est-ce lié à ton vécu, et si oui, es-tu à l’aise avec l’idée de partager ces informations ? Est-ce au contraire lié à une exploration de ton identité artistique qui t’a emmené-e sur divers chemins et qui font qu’aujourd’hui tu as trouvé ta sonorité, ta couleur musicale ?

Pour t’aider dans ce périple, pose toi au moins les questions suivantes :

  • Comment est-ce que j’ai commencé à faire de la musique ?
  • Qu’est-ce que j’aime particulièrement dans la musique que je fais ?
  • Est-ce qu’elle se rapproche de certain-e-s artistes actuel-le-s ? (la réponse peut être non !)
  • Si je devais me définir en une phrase, que dirais-je ? (tu pourras étoffer ensuite, mais essaie-toi à cet exercice !)

Essayer de mettre des qualificatifs sur le genre de musique que tu fais peut aider ton interlocuteur-ice aussi, mais si l’exercice te paraît compliqué, n’hésite pas à rester vague : les termes « musique pop », « musique électronique » ou encore « musique rock » et « musique urbaine » peuvent faire l’affaire au début.

Ton identité visuelle jouera aussi sur ta présentation, mais de manière indirecte ; les professionnel-le-s de la musique se rendront, avant ou après lecture de ton mail, sur tes réseaux sociaux, ton profil Spotify ou encore ta chaîne YouTube pour savoir à qui est-ce qu’ils et elles ont affaire. Le degré d’exigence est devenu élevé avec le temps – je prends souvent cet exemple, mais il suffit de voir la qualité des visuels d’artistes indépendant-e-s comme ascendant vierge, Thérèse, Irène Drésel et j’en passe pour se rendre compte de ce à quoi les pros sont habitué-e-s !

Si tu te demandes comment définir ton identité visuelle ou encore comment rédiger une bonne biographie, j’ai rédigé un guide capable de t’aider à trouver les réponses à ces fameuses questions. Sache que savoir se présenter c’est la clé : c’est tout aussi important que ta musique aux yeux des pros !

Rédiger correctement son mail de présentation

Cette présentation que tu auras rédigée, il faudra l’intégrer à un mail de présentation que tu enverras à la personne avec qui tu cherches à collaborer.

Ce mail de présentation commence évidemment toujours par un « bonjour », mais ça je pense que ça tombe sous le sens (:

Dans la musique, il est d’usage d’appeler les autres par leur prénom, donc n’aie pas peur de le faire. Concernant le tutoiement, il est bien plus souvent employé que le vouvoiement, mais par acquit de conscience, je ne te conseille de l’utiliser que si tu contactes une personne qui travaille en indé – un-e attaché-e de presse par exemple.

Dans un mail de présentation, c’est important de préciser pourquoi tu contactes ton interlocuteur-ice. Est-ce pour sa capacité à augmenter la visibilité des artistes avec lesquel-le-s la personne travaille ? Est-ce parce que tu ressens une certaine complémentarité entre ta musique et celle des artistes avec qui elle travaille ? Montrer que tu connais le travail de ton interlocuteur-ice est essentiel, car ça met l’autre personne en confiance.

Vient ensuite (ou avant, tout dépend de la manière dont tu souhaites formuler ton mail!) la présentation de ton projet, celle dont on parlait juste au dessus. N’hésite pas à insister sur un point plus qu’un autre selon le métier de la personne que tu contactes : si tu cherches à joindre un-e booker-euse, par exemple, insiste sur ton live ; un-e attaché-e de presse aura essentiellement besoin d’information sur la date de sortie de ton projet et sa nature (single/EP/album). Si tu contactes un label, met en avant ton identité artistique et ton développement de carrière actuel, ça leur donnera plus de matière pour se projeter !

Et si je veux les contacter sur Groover ?

Groover est aussi un moyen de contacter des professionnel-le-s à même de t’aider dans ta carrière. J’ai rédigé un article à ce propos justement, qui détaille les moyens pour maximiser les résultats de ta campagne Groover, et qui te donne plusieurs conseils pour mener une campagne de promotion uniquement auprès de professionnel-le-s, justement.

Et sache qu’en plus de Groover, tu as aussi la plateforme The Artist’s Corner qui recense un grand nombre de pros sur sa plateforme – dont moi ! Je suis aussi en partenariat avec eux dans le cadre de leur programme d’accompagnement professionnel Incubart’, qui te permet de travailler avec des pros durant des heures de consulting.

Quoi qu’il en soit, contacter les professionnel-le-s dans un premier temps par mail – qui est un support de communication neutre – est selon moi la première chose à faire. Tu t’affranchis ainsi des barrières que posent certaines plateformes comme Groover, qui par exemple ne permet pas aux pros de lire ton dossier de presse avant d’avoir donné un feedback positif.

Que joindre au mail ?

Dans tous les cas, termine ton mail par les liens vers tes derniers titres, voire de tes titres à venir (privilégie le lien privé SoundCloud dans ces cas là, c’est le format le plus pratique pour tout-e professionnel-le de la musique). Insère également les liens vers tes réseaux sociaux et ton profil Spotify, il arrive trop souvent que ces informations soient difficiles à trouver par soi-même !

Tu peux également ajouter une pièce jointe – ton dossier de presse ou ta biographie par exemple – mais je ne te conseille pas de le faire car il arrive que les serveurs mail fassent passer ces mails en spam dans la boîte de ton interlocuteur-ice. Si tu ne les as jamais contacté-e-s auparavant, privilégie les liens.

Pour pallier à l’envoi de pièce jointe, n’hésite pas à te créer un press kit sur Google Drive ou Dropbox – j’en parle plus amplement dans cet article – car oui, le press kit peut servir à tout-e professionnel-le, pas seulement à la presse !

Quoi qu’il arrive : fais leur écouter ta musique !

Je te vois venir : tu te dis que tes titres n’étant pas encore sortis, ou pas encore masterisés, et donc tu hésites, voire refuse catégoriquement de leur faire écouter quoi que ce soit. Eh bien sache que c’est une erreur et que ça peut te coûter une bonne prise de contact !

Cela arrive souvent que des artistes me sollicitent sans m’envoyer leurs maquettes ou leur EP en cours – or j’ai absolument besoin d’écouter ta musique pour me projeter dans ton univers, surtout si tu me contactes pour qu’on travaille ensemble sur ta stratégie de sortie, par exemple. Je peux comprendre que vous n’ayez pas envie de faire écouter des titres non mixés, mais laisse-moi te donner plusieurs raisons de le faire.

La première, c’est que la personne que tu sollicites ne pourra jamais te donner une réponse positive sans avoir écouté ta musique. La personne a besoin de se projeter dans ton univers, et la description de ton projet ne suffira pas – la musique électronique, par exemple, évoquera aussi bien des artistes comme Avicii chez certain-e-s, et Arca chez d’autres, et il y a un fossé entre les deux !

La deuxième raison, c’est que la personne sera honorée d’écouter ton projet, parce que ça lui montre ton engagement, ta capacité d’anticipation, et ta compréhension de son métier. J’émets une petite réserve cependant quant à l’envoi de maquettes à des médias, des agences de relations presse ou des distributeurs par exemple, car ces personnes là ne pourront réellement te soutenir et travailler avec toi lorsque tu auras finalisé tes titres.

Et si tu te demandes ce qu’il en est de la protection de tes oeuvres lorsque tu les envoies à des pros, sache que le droit d’auteur te protège en France dès le début de la création de ton oeuvre. Et tu peux déposer tes oeuvres à l’état de maquette à la Sacem si tu le souhaites ! Rien ne t’empêche de déposer ton titre sous « Nom de l’oeuvre – maquette » ou « Nom de l’oeuvre – demo », et de le déposer de nouveau par la suite. La Sacem permettait même de déposer ses œuvres de façon provisoire – via un bulletin de déclaration spécifique – n’hésitez pas à contacter la Sacem selon votre cas pour savoir si un dépôt provisoire ou définitif est le mieux adapté à votre cas !

Et voilà !

À partir de maintenant tu sauras te présenter aux pros de la musique de manière claire et efficace. Crois-moi, en allant droit au but et en comprenant le métier de la personne que tu contactes, tu auras une longueur d’avance considérable sur les artistes qui omettront l’un des éléments mentionnés ci-dessus !

Et si tu as besoin de plus de conseils, je t’invite à parcourir les autres articles du blog, à jeter un oeil à mon guide pour t’aider à réussir ta sortie en indé, ou à me contacter par mail ou sur Instagram pour qu’on échange par rapport à ta musique !

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